Pour les jeunes d’aujourd’hui, les jeux vidéo font partie intégrante du quotidien : la pratique du jeu vidéo est en effet l’usage d’Internet le plus répandu chez les jeunes. Interdire est alors souvent vécu comme une coupure vis-à-vis de leurs pairs. En revanche, les jeux vidéo exercent un pouvoir de fascination important sur les jeunes. De plus, ils sont conçus pour que les utilisateurs y passent le plus de temps possible et y dépense le maximum d’argent. En conséquence, il convient d’encadrer ce loisir afin de rendre l’expérience la plus plaisante et la plus sûre possible.
Avantages
⇒ Le jeu vidéo, porteur de sens ? Le Ligueur déconstruit certains préjugés.
Risques
On peut devenir dépendant d’Internet ou des games tout comme on peut développer une dépendance à la télévision, aux sodas, au chocolat, etc. C’est pourquoi il importe de passer dès le départ des accords concernant l’heure de début et l’heure de fin de la session d’Internet ou de jeux. Il vous incombe en tant que parent de contenir l’utilisation que fait votre enfant d’Internet. Cette utilisation variera d’une famille à l’autre. Si vous vous posez des questions sur la surconsommation – voire même l’addiction– d’Internet ou des jeux par votre enfant, observez son comportement. Si vous observez un changement net de comportement, posez-vous la question si c’est lié aux jeux ou à Internet ou à autre chose ?
L’Institut wallon de santé mentale (IWSM) préfère parler d’ « usages problématiques » (plutôt que d’addiction), une expression qui renvoie avant tout à une souffrance vécue par le sujet et/ou son entourage, sans faire directement référence à une pathologie mentale.
Le psychiatre Serge Tisseron, souligne également l’usage inapproprié du terme addiction. Il préfère parler lui aussi d’usages excessifs, voire d’usages pathologiques des jeux vidéo. Dans tous les cas, cette mise au point importante ne doit pas faire oublier que le jeu excessif peut conduire à des effets secondaires sociaux et médicaux graves. Serge Tisseron rappelle qu’on peut rencontrer dans des cas extrêmes et exceptionnels des phénomènes tels que : épilepsie photosensible, hallucinations auditives, problèmes d’incontinence, problèmes musculaires et cutanés, paralysies partielles, tendinites, douleurs aux articulations, etc.
TEST
Il existe un test simple à réaliser avant de tirer des conclusions hâtives :
Comment déceler la dépendance ?
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Certains jeux sont violents, et de nombreux parents s’en inquiètent à juste titre. Pour Michaël Stora, il faut « distinguer la violence de l’agressivité. Être violent, c’est nier l’autre, le « chosifier », à l’image de ce que peut faire un psychopathe. Or, la majorité de ces jeux évoluent dans un contexte agressif plutôt que violent, respectant des règles, des codes. Bien sûr, il existe des jeux ultra-violents que l’on pourrait qualifier d’immoraux, voire amoraux, par exemple Manhunt ou Grand Theft Auto […] Mais même dans ces jeux-là, il y a toujours une sorte de garde-fou, les interdits ne sont jamais totalement absents, et heureusement ! » [1]
Les jeux souffrent de manière générale d’une image négative. Ils favoriseraient un comportement violent et agressif qui entraînerait une dépendance et un isolement. Le lien entre le fait de jouer à des jeux et un comportement agressif et violent n’a cependant pas été prouvé par la communauté scientifique. Plusieurs recherches menées aboutissent à des conclusions différentes. La majorité de celles-ci montrent que dans certains cas ce n’est pas le jeu en soi, mais plutôt le joueur ou la perception de celui-ci qui forme le problème. Une minorité de joueurs qui ne parviennent plus à faire la distinction entre réalité et fiction peuvent dans les faits se montrer plus agressifs. Il est donc primordial que vous discutiez avec votre enfant de son jeu et insistiez ici sur la différence entre vie réelle et la vie du jeu.
Alors, que faire si mon enfant joue à des jeux violents ?
[1] Michaël Stora, « Ce sont les parents qui trouvent les jeux violents », Le point, 12 mars 2009. (> www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/2009-03-12/interview-jeux-video-ce-sont-les-parents-qui-trouvent-les-jeux/1387/0/325234)
Il vous revient, en tant que parent, de fixer les limites en ce qui concerne le temps que consacrent vos enfants aux jeux vidéo, tout comme vous déterminez le temps qu’ils peuvent passer devant la télévision. Examinez avec votre enfant les jeux qu’il apprécie et, en considérant ces derniers, précisez combien de temps il peut y jouer. Bien sûr, il est ennuyeux d’avoir à arrêter de jouer au moment précis où le joueur va accéder à un niveau supérieur.
Mon enfant est-il accro à Internet ?
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Beaucoup de jeux en ligne sont gratuits mais leur modèle économique repose sur la vente de produits virtuels, de vie, de fonctionnalités ou de services facultatifs. En pratique, ces jeux sont donc offerts aux joueurs qui peuvent, ou non, acheter des vies pour progresser plus rapidement ou enrichir, voire embellir leur expérience de jeu. Les versions gratuites donnent en général accès uniquement à des contenus limités. Autrement dit, qui veut aller plus loin est appelé à payer.
Difficile de résister quand quelques euros permettent d’accéder à un nouveau niveau, récupérer une arme confisquée par un ennemi, exercer de nouveaux pouvoirs ou cumuler des points. Certains jeux se financent également en demandant aux joueurs, en échange de points de « liker » le Facebook de la marque ou de poster des messages sur leurs comptes sur les réseaux sociaux.
Les enfants sont en quelque sorte “séduits” par la gratuité apparente de ces jeux et ne réalisent pas toujours qu’il s’agit d’argent réel et que des petits montants peuvent vite s’accumuler et coûter très cher !
Nos conseils :
Les jeux peuvent aussi avoir un caractère social important. Jouer régulièrement avec ou contre les autres permet d’exercer un grand nombre d’habilités sociales et de stimuler un esprit d’équipe. Pour éviter les situations à risques, il vaut mieux préciser à votre enfant les sujets qu’il peut aborder avec les autres en ligne. Ces discussions porteront principalement sur le contenu du jeu. Souvent les participants aux jeux sont des internautes qui ne se connaissent pas mutuellement dans la vie réelle. Dès lors, les échanges intimes sont à éviter dans ce contexte.
L’avis d’un expert :
« Il est vrai que, de nos jours, les enfants sont, la plupart du temps, bien plus calés que leurs parents dans le monde des jeux vidéo. Cependant, les parents ne doivent pas oublier qu’ils restent les parents de leur enfant et que leur rôle est de mettre un cadre et des limites.
Ce n’est pas grave de ne pas connaître à la perfection le jeu auquel votre enfant joue. Le plus important est de s’y intéresser pour pouvoir évaluer si le jeu est adapté à votre enfant et pour pouvoir ouvrir le dialogue par rapport à ce sujet. »
L’avis d’un parent : Lena, maman de garçons de 16 et 10 ans
« Je ne suis pas spécialement experte en jeux mais ça m’amusait quand j’étais plus jeune, sans toutefois être accro. Aujourd’hui, j’aime m’intéresser aux jeux de mes enfants, cette dimension qui fait partie de leur vie doit aussi entrer dans notre sphère familiale. Je remarque que mon aîné adore m’expliquer certaines choses de ses jeux et qu’il apprécie lorsqu’on s’intéresse à son univers. Une fois n’est pas coutume, ça lui permet de nous apprendre des choses, à nous, ses parents.
Finalement, ça crée un lien et, à mes yeux, ça dé -diabolise le jeu. A travers ses yeux, je parviens à comprendre comment il appréhende Final Fantasy ou Assassin’s Creed. Et moi aussi, je me sens moins inculte ! »
Astuce : fixez des règles et des temps de jeux. Si besoin, utilisez le contrôle parental prévu à cet effet sur sa console ou sa tablette, qui permet aussi d’éviter que votre enfant ne joue à des jeux qui ne sont pas de son âge.
Par exemple :
un jeu classé 3+ signifie juste qu’il n’est pas choquant pour un petit, pas qu’un enfant de 3 ans peut y jouer.
un jeu note 16+ contient généralement des scènes très violentes.
Ne laissez pas les plus jeunes jouer aux jeux de leurs aînés, même s’ils prétendent que tous leurs camarades y jouent !